ÉTRANGES ICÔNES : SUCCUBES, KUNTILANAKS, DANSE CHAM

Esprits d’Indonésie, des Himalayas et autres contrées oubliées

Techniques mixtes, images composites de Laurent Courau (série en cours)

[FRANÇAIS]

« Au commencement, ces mêmes images qui hantaient notre imagination d’enfant nourrie de lectures mythologiques. Chacun a en mémoire les figures féminines qui guettent les voyageurs sur l’immensité marine si pleine de dangers et d’écueils redoutables aux Grecs. Barbares des rivages asiates, nymphes insulaires en des rivages proches de ceux de la mort et de la nuit, descendantes de l’Océan, elles semblent encore plus terrifiantes souvent que gouffres ou rochers.

Et la question ne pouvait que se poser : à quoi correspondaient leurs attributs aussi sauvages que terrifiants ? De quoi, si angoissant pour l’homme, pouvaient-ils être signes chez ces femmes ainsi placées en marge, bien à l’écart même souvent, du monde policé, constituant en même temps, pour les plus grands des héros, d’ultimes épreuves ? »

― Marie Goudot, Rivages féminins en mythologie (2001)

Kuntilanak, Fig. 1 © Laurent Courau (2021)

Dans le folklore indonésien, les kuntilanaks sont des créatures proches des vampires européens. Leur présence se révèle par un parfum floral, suivi d’une odeur nauséabonde évoquant celle d’un corps en décomposition. Prenant l’apparence de femmes à la peau pâle et aux longs cheveux noirs, revêtues de robes blanches maculées de sang, ils tuent leurs victimes en creusant leurs estomacs de leurs griffes pour en dévorer les organes. Le kuntilanak est associé aux bananiers et son esprit passe pour s’y loger durant la journée.

Cham Dance, Fig. 2 © Laurent Courau (2021)

La cérémonie du cham est une manifestation masquée et dansée, pratiquée par certaines écoles du bouddhisme tibétain. Il existe de nombreux festivals monastiques au Tibet, au Népal, au Ladakh et au Bhoutan, à l’occasion desquels les initiés exécutent ces danses sacrées, comparables aux mystères de nos églises d’antan.

Volontiers terrifiants, leurs masques représentent des personnages historiques du Tibet, de grands maîtres bouddhistes, mais aussi des qualités que l’on doit développer ou des animaux tels que le cerf qui symbolise l’ambivalence ; à la fois victime innocente du chasseur et émanation dangereuse d’esprits puissants.

Cyclops, Fig. 1 © Laurent Courau (2021)

L’œil unique est le symbole d’un état primitif de l’évolution et de l’intelligence. Dans la mythologie grecque, les Cyclopes sont parmi les premières créatures de l’univers, créatures imparfaites, d’où leur emprisonnement à deux reprises dans les entrailles de la Terre, dans le Tartare. Ils possèdent des forces primitives de nature explosive, volcanique.

Confronté à cette altérité totale, Ulysse n’a d’autre choix que d’évoluer. Cette rencontre lui permet de surmonter ses peurs et ses angoisses. Ainsi, L’Odyssée apparaît comme un véritable voyage initiatique qui offre au héros la possibilité de progresser.

Idole cathodique, Fig. 1 © Laurent Courau (2021)

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